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Définition du jeu de rôle

Le jeu de rôle est une technique ou activité par laquelle une personne interprète le rôle d’un personnage – réel ou imaginaire – dans un environnement fictif (roleplaying). Le participant agit à travers ce rôle par des actions physiques, par des actions narratives (dialogues improvisés, descriptions) ou par des prises de décision sur le développement

du personnage.

 

Le sens le plus ancien de l’expression « jeu de rôle » correspond à la technique d’interprétation du rôle dans un sens proche de celle du « jeu d’acteur » qui désigne la performance ou la technique d’artiste ; la dimension interpersonnelle est dès lors primordiale. De par l’accentuation des interactions sociales et de la collaboration entre joueurs, le jeu de rôle se distingue fondamentalement d’autres jeux tels que les jeux de plateau ou encore les activités sportives, basés sur le principe de la rivalité. Les auteurs et éditeurs considèrent le jeu de rôle comme une forme de narration (storytelling) interactive et collaborative ; en celle-ci repose la différence essentielle entre le jeu de rôle et les médiums traditionnels de fiction comme les romans ou les films.

 

Il existe plusieurs formes de jeu de rôle, distinguées par leurs fonctions ; il peut s’agir notamment d’une technique thérapeutique (psychologique), une méthode pédagogique, une méthode d’analyse ou encore une activité récréative. Parmi cette dernière, on distingue communément les jeux enfantins et spontanés des jeux de rôle dits « sur table » qui peuvent s’apparenter à un jeu de société, et des jeux de rôle grandeur nature dans lesquels les joueurs réalisent physiquement leurs actions, en costume et dans un décor conçu spécifiquement pour l’occasion.

Le jeu de rôle grandeur nature

Héritage des murder-party initiées dans les premières décennies du 20ème siècle, le jeu de rôle grandeur nature ou plus simplement « grandeur nature » s’est développé tout d’abord aux États-Unis dans les années 1970 avant de gagner l’Europe et de voir naître des communautés linguistiques distinctes au cours des années 1980 qui s’interpénètrent aujourd’hui.

 

Le jeu de rôle grandeur nature peut être considéré comme faisant partie d'un mouvement culturel occidental vers les arts participatifs. Les joueurs d’un grandeur nature n'ont pas des rôles d'observateurs passifs et interprètent fréquemment des personnages aux antipodes de leur vie quotidienne et de leur propre culture. Les organisateurs d'un grandeur nature, ainsi que les joueurs, participent en tant que cocréateurs au jeu puisque les premiers proposent un univers fictif et un scénario primaire que les actions des seconds vont influencer au cours du jeu.

La variété de des pratiques existantes rend très difficile la description précise d’un jeu de rôle grandeur nature. Malgré tout, quelques éléments fondamentaux demeurent :

  • Chaque GN se déroule durant un laps de temps déterminé qui peut aller de quelques heures à plusieurs jours, et dans un lieu précis qui va servir de cadre et de toile fond à l’histoire.

  • L’histoire vécue par les personnages est ouverte, vivante et dynamique. Elle présente une situation initiale perçue à travers le regard singulier de chacun d’entre eux. Ces derniers sont dotés d’un historique, aussi appelé background (abrégé BG), qui décrit leur passé, leurs valeurs, leurs caractères et détaille différents buts qu’ils auront à atteindre. Par leurs actions et leurs interactions, les joueurs vont faire évoluer cette histoire, la construisant ensemble dans une direction totalement inédite et surprenante. En ce sens, le GN se rapproche du théâtre d’improvisation.

  • Cette liberté est encadrée par des règles qui énoncent clairement ce qu’il est possible de faire, ou non, dans le contexte présenté, et comment y parvenir.

 

La création d’un jeu de rôle grandeur nature, même si elle peut différer dans ses détails selon l’association organisatrice ou le concept même du jeu, peut se résumer globalement aux étapes suivantes :

  • Les organisateurs conçoivent un scénario et des règles de jeu (un à deux ans) et réalisent un budget prévisionnel ; il est à noter que tous les frais sont couverts par la finance d’inscription des joueurs et que les organisateurs sont bénévoles.

  • Les organisateurs démarchent un site destiné à devenir le théâtre du jeu et réalisent différents supports – objets, costumes, écrits, armes en mousse – et décors afin de donner vie au jeu. Ils contractent une assurance et veillent au bon déroulement des démarches administratives (un an).

  • Les organisateurs ouvrent les inscriptions, publiques ou privées à un certain nombre de joueurs déterminé au préalable (six mois à un an). Les organisateurs mettent en place les éléments logistiques du jeu – transport, nourriture, hébergement (six mois).

  • Les organisateurs veillent au bon déroulement du jeu, dirigent les actions des personnages non-joueurs – animateurs interagissant avec les joueurs afin de faire évoluer le scénario initial – et assurent la logistique (jour J).

  • Les organisateurs clôturent la comptabilité de la manifestation et réalisent un débriefing en partenariat avec les institutions et/ou sites associés.

 

Un GN est un loisir éminemment social, donnant l’occasion d’éprouver un large panel d’émotions, comme devant un bon film, à la différence que le joueur n’est pas aussi passif qu’un spectateur ; il est l’acteur et le metteur en scène de sa propre histoire, à tel point que chaque participant d’un GN a l’impression d’en tenir le premier rôle ! On parle alors de spect’acteur.